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Jean COLLET

 

Jean Collet est né le 25 mai 1921 à l’école publique d’Antrain-sur Couesnon, en Ille-et-Vilaine, où ses parents sont instituteurs. Après lui viennent deux filles, Jacqueline et Jeanine.  Il fait ses études à Rennes et entre en faculté des Lettres en 1940.

Déjà, dès 1936, alors qu’il n’a que 15 ans, il adhère aux Jeunesses communistes et s’investit dans les luttes contre les dictatures qui s’installent en Europe : Franco en Espagne, Mussolini en Italie et Hitler en Allemagne. Il est très sensible aux misères des familles de Républicains espagnols qui viennent se réfugier en France pour échapper à la police de Franco.

Comme beaucoup de communistes de l’époque, il connaît le plus grand désarroi par la signature du Pacte germano-soviétique, mais il est de ceux, très nombreux, qui crient : « Non, l’Europe ne sera pas hitlérienne ! Union de la nation française contre l’agresseur hitlérien ! ».

Dès le mois de juin 1940, avec deux copains, il tente de passer en Angleterre en partant de Nantes où, paraît-il, il y a encore des bateaux en partance vers Londres. Mais les avions allemands les ont précédés et ils sont obligés de faire demi-tour. Il revient à Betton où ses parents enseignent.

Jean souhaite continuer ses études et, normalement, en 1940, il devrait partir à Paris car il est admis comme interne au lycée Henri IV en vue d’une préparation au concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure. Mais, en fait, c’est une classe d’Henri IV qui se replie au lycée de Rennes. Et, Jean voit arriver de nouveaux jeunes militants très actifs. Bien sûr, ils se rencontrent et discutent des meilleurs moyens pour surmonter l’épreuve de l’occupation, reconquérir les libertés perdues, libérer le pays…

Au début, ils prennent un malin plaisir à orienter en contresens les officiers allemands qui demandent leur chemin ou à changer le sens des panneaux. Dès le mois de juillet 1940, des lignes téléphoniques sont sectionnées à Fougères comme à Rennes. Puis, ce sont des distributions de tracts, des collages de petites affichettes incitant les gens à refuser l’occupation de notre pays par les nazis. Mais l’interdiction du Parti Communiste et des associations amies engendre un climat de suspicion et de répression. Les parents de Jean, connus pour leurs idées de « gauche » sont déplacés sans aucune explication et envoyés dans un petit village du Maine-et-Loire où ils restent maintenus en surveillance jusqu’à la Libération.

Tout en continuant ses études, Jean continue la lutte et rencontre d’autres militants (on ne disait pas encore « Résistants ») comme René Perrault et Henri Bannetel qui seront arrêtés en juin 1941 avec Émile Drouillas (Henri Bannetel sera fusillé au Mont Valérien le 15 décembre 1941 et René Perrault mourra à Auschwitz  en septembre 1942, deux jours après son copain Émile Drouillas).

Jean est surveillé, recherché. Il loue une chambre place Hoche et prend ses repas rue Victor Hugo, dans la famille d’un copain cheminot chez qui ses sœurs prennent pension. C’est là qu’il est arrêté le 26 mars 1941, un mois avant ses examens. Il a 20 ans.

 Incarcéré d’abord à la prison militaire rue Saint-Hélier à Rennes, puis transféré à la prison de Vitré qui sera bombardée et, en partie détruite, et enfin, à la prison de Laval. En janvier 1942, il réussit à s’évader et il part se réfugier à Paris sous un faux nom.

A Paris, il retrouve plusieurs familles amies qu’il a connues à Hédé pendant les vacances : La famille Pluet, René Le Herpeux qui était étudiant en médecine à Rennes et Résistant avec Henri Bannetel, la famille Chesnot qui l’hébergera finalement  du 5 février 1942 à la Libération, rue Watt dans le XIIIe arrondissement.  Il connaissait particulièrement Jeannine qui deviendra son épouse et la mère de ses enfants. Le fils André était, lui aussi, un Résistant très engagé mais il sera arrêté et fusillé le 7 mars 1944.

Par l’intermédiaire de René Le Herpeux, Jean est mis en rapport, sous un faux nom, avec l’organisation clandestine du Front National (Organisation de Résistance du PCF). Il devient très vite le responsable des Etudiants communistes dans les facultés, grandes écoles et écoles techniques, pour la région parisienne. En 1943, il est responsable de ce mouvement pour Paris Rive Droite et devient, en 1944, responsable inter-région en Normandie-Picardie jusqu’à la Libération.

Après la guerre, Jean reprend une vie professionnelle dans l’enseignement technique et il continue son engagement politique. De 1959 à 1965, il est conseiller municipal à Ivry-sur-Seine ; de 1965 à 1995, il est conseiller municipal à Vitry-sur-Seine et il est premier adjoint au maire de cette commune de 1965 à 1991.

Toute sa vie, il ne manque pas de revenir à Hédé ou dans sa région et, à sa retraite, il s’installe dans une maison dont il a hérité à Antrain en Ille-et-Vilaine.

 

                                      Renée Thouanel et Jeannine Collet-Chesnot

 

Source : Livre de Jean Collet : « A 20 ans dans la Résistance ».

 

03/11/2017