03/01/2017

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Le  dernier convoi est il parti le 3 ou le 4 août?

     

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce dossier  

             

     

Compte-tenu des centaines de dossiers consultés, il n'y a plus de doute possible sur la date du dernier convoi est le vendredi 3 août 44 vers 4h du matin soit 30 heures avant la libération de la ville.

La chronologie des événements


 


Les témoignages  ou documents qui  permettent d'affirmer que le premier convoi est parti le matin du 2 août et le deuxième convoi le 3 août

Dans les différentes dépositions recueillies quelques années après la guerre le premier convoi est organisé dans la nuit du 1er août au 2 août (AD 514W4)

 

Autre déposition d'Anne Macé incarcérée à la prison Jacques Cartier : "... Le 2 août, à la veille de la libération de la ville, la totalité des détenus politiques incarcérés à cette prison, quittait ce lieu, à destination de l'Allemagne" (AD 514W4)

Thomas et Le Grand, dans leur livre "Le Finistère 39-45" retracent ces moments :

"Le bombardement de la ville continue, mais irrégulier. Les Allemands sont fatigués et affamés. Ils mangent des fruits verts. Ils ont perdu tout espoir de vaincre ou même de résister."
"A ce moment, les Américains sont aux portes de Rennes. Deux obus tombent sur la maison du gardien-chef Philippot qui appartient à l’administration pénitentiaire. Le 2 août, il prend sur lui d’ouvrir les cellules :
"Voyez, les femmes, je vous avais dit que ce serait moi qui vous libérerais."
"Il croit, pour le reste, à une intervention de la Résistance qu’il a fait prévenir.
"Le moral des Allemands est au plus bas. On les entend gueuler à l’extérieur. Mais dans la soirée, ils se reprennent. Le bruit court que les Américains, après une percée dans la ville, reviennent sur leurs positions antérieures.

Mme Marie Thanguy (1er convoi)

"Arrêtée avec mon mari pour faits de résistance (Réseau F 2), j'ai été incarcérée à la prison Jacques Cartier à Rennes jusqu'au 2 août 1944.
Dans la nuit, nous avons été embarquées mes camarades et moi dans des wagons à bestiaux.

 Martin Roger: (2 ème convoi)

André Guillo

Il adresse à sa famille une lettre de Belfort datée du 26 août 1944: "Le voyage de Rennes à Belfort a été assez fatigant et a duré 12 jours. Nous sommes arrivés à destination le 15 août, jour de la fête de Maman ... L'adjudant Sellin de Guémené, l'adjudant Redien d'Auray et les chefs de Carnac et de Port-Louis m'accompagnent et se portent bien...)"

Il semble donc bien, connaissant la précision d'André Guillo, que le départ de Rennes ait eu lieu le 3, et que le "voyage" ait duré 12 jours.

Jean Morin (1er convoi)

Parti  avec Henri Morin et l'abbé Maurice Barré, il réussit à faire passer plusieurs papiers durant le trajet dont le premier à Redon .Sur un papier remis très probablement à Marie-Thérèse Sébilleau, la date du 2 août est bien lisible.

Hubert Crevic (1er convoi)

"Départ de Rennes en wagons à bestiaux le 1er août 1944".

M. Cloteaux (2ème convoi)

" On est passé  (le 3 août)   vers 7 ou 8 heures à Guignen.  A 10 heures les Américains  traversent Guignen pour libérer  Bain-de-Bretagne à 13 heures."

 

Sergent John E. Wonning prisonnier américain (2ème convoi)

Dans son témoignage, il signale être parti le 2 août à minuit de Rennes. ( "... Mais nos espoirs ont été rapidement anéantis car cette nuit là, vers minuit, les gardes nous ont fait mettre en rang pour une marche.."). Le 2ème convoi serait bien parti dans cette hypothèse le matin du 3 août.

 

Raymond Le Pen: (2ème convoi)

"Le dernier train convoyant des centaines de prisonniers vers les camps de la mort - parmi lesquels les trois Gautier de Combourg , parti de Rennes le 3 août au matin, laisse un goût d'amertume à Raymond Le Pen qui lui-même était de ce convoi"

"...Sur les 1 500 à 2 000 résistants embarqués vers l’Allemagne les 2 et 3 août 1944, 200 environ pourront retrouver la Bretagne après leur séjour dans les camps de concentration"

Paul Héger 1: (2ème convoi)

"Notre plus belle journée, si je puis ainsi dire, fut celle de l’après-midi du 2 août, quand tout à coup nous avons entendu le canon gronder autour de Rennes ; nous entendions les obus siffler au-dessus de la baraque, ce qui d’abord nous sembla très drôle ; nous ne savions que penser, chacun disait son mot et à la vérité personne ne savait réellement ce qui se passait car nous ne nous doutions certes pas que la chose pût se faire aussi rapidement. Mais étant curieux de nature, je me permis de demander à l’officier boche ce qui se passait ; nous n’étions pas rassurés mais il nous rassura en nous apprenant que les gros chars américains pilonnaient une batterie de D.C.A. qui se trouvait à peine à 200 mètres de nous. Je ne pourrai vous dire combien nous étions heureux de cette annonce, ce fut immédiatement des cris de joie et pourtant nous n’étions pas en sécurité, mais peu importe, nos cœurs battaient fort et nous n’avions qu’un espoir, c’était de voir venir bientôt la délivrance et la liberté. Il vous aurait fallu voir la triste figure des boches ; nous les voyions tous s’empresser de tous côtés avec des malles et des caisses préparant leur fuite. Ainsi nous sentions un peu plus de liberté et, aussitôt, nous nous mîmes à fêter cette belle journée ; d’un même cœur et d’un même élan nous chantions à plusieurs reprises notre belle Marseillaise et plusieurs autres chants patriotiques ; ensuite quelques camarades confectionnèrent un beau drapeau tricolore avec la croix de Lorraine et nous avons formé un cortège avec drapeau en tête en chantant notre hymne national. Les boches ne sont pas venus nous embêter de sitôt...

p 14

"Vers 18 heures ils nous firent une distribution générale de colis de la Croix-Rouge. Entre nous, nous nous disions : ils ne veulent rien garder avec eux de crainte que les Alliés n'arrivent, mais c'était pour une toute autre cause que nous apprîmes assez tard dans la nuit. Ce qui n'empêcha pas les distractions de continuer de plus belle, si bien même que l'on fit l'enterrement à Hitler qu'on enterra dans les W.C."

"Plusieurs témoins signalent la panique qui régnait chez les Allemands à ce moment là

Pierre Bourdan  (2ème convoi)

Son témoignage est le plus détaillé. Il permet de repérer assez bien tous les événements des premiers jours.

Par exemple:

Il se trouve dans le deuxième convoi parti le 3 août à 4h du matin de Rennes . A Segré, il écrit: "..nous n’étions pas sortis du wagon depuis trente heures" . ( C'était le 4 août vers 10h) . On en déduit un départ le 3 août à 4 h du matin de Rennes.

 

Depuis la publication de cette page, des centaines de dossiers consultés prouvent qu'il n'y a pas doute possible quant à la date de départ du dernier convoi le 3 août

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Sources:
1- Paul Héger-"Arrestation de Patriotes" Les Presses Bretonnes 1947 - St-Brieuc