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Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais"
Les dernières heures de l'occupation allemande à Rennes

03/08/2015

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce convoi de déportés  

Le Collège de Chartres-de-Bretagne retrace les dernières heures de l’occupation :1

"A Rennes, l'attente devenait anxieuse, comme le signale Madame Ladam : " 2 août- Cette nuit, les Rennais ont pu dormir eux aussi, les uns dans les caves, les autres dans leurs lits.

"Ce matin, la ville présente le même aspect spécial que le 18 juin 1940, alors qu'on attendait les Allemands. Aspect d'attente léthargique où la vie semble soudain s'être arrêtée, où chacun retient son souffle, coupé par l'émotion. Aujourd'hui, au contraire, ce sont les Américains, nos libérateurs, qu'on attend et qu'on espère. Aux dernières nouvelles, on croit le gros des troupes à Melesse, à dix kilomètres de Rennes.

"Les derniers otages de la caserne Margueritte ont été libérés hier soir à 9 heures.

"Profitant de la panique allemande, on a pu retirer le drapeau à croix gammée qui flottait sur le pavillon sud de la Mairie depuis quatre ans, mais il n'a pu être retrouvé par la suite. Il figurait bien cependant comme souvenir dans une salle de musée!

"Plus la matinée avance, moins on voit d'Allemands. Quant aux femmes, il n'y en a plus une seule. Elles sont toutes parties avant midi en camions. Elles se seront accrochées à Rennes jusqu'à la dernière minute.

"Un accord intervient entre la garnison allemande de l'E.P.S. et le médecin colonel Poirier qui en prend possession et y retrouve 600 militaires alliés, blessés.

"Les bureaux sont réorganisés par un major britannique. Cependant, les officiers et militaires alliés ne doivent pas sortir des jardins car des soldats allemands en armes circulent en ville, essayant en vain de mettre la cité en état de défense.

"17 heures - Les obus commencent à tomber sur la ville à la cadence d'une toutes les 30 secondes.

"A Monsieur Milon qui lui demandera, le 5 août, pourquoi Rennes fut tant bombardé, le général Patton répondra avec un certain humour : "Quand on est poli, on frappe toujours avant d'entrer ".

"20 heures - La ville est toujours dans l'attente et dans la nervosité. Les obus tombent toujours. Il doit y avoir des dégâts, mais on ne sait rien. Notre-Dame et l'archevêché auraient été touchés... Les "bobards" les plus invraisemblables, les plus contradictoires , circulent.

"La réalité est simplement celle-ci : les Américains ne sont pas éloignés de Rennes; à Saint-Laurent, deux ou trois kilomètres, une arrière-garde ennemie leur barre encore la route.

"Du haut du beffroi de l'Hôtel de ville, on pouvait suivre l'engagement qui, à Saint-Laurent, mettait aux prises les combattants du 1er détachement américain et la D.C.A. allemande. Il est vraisemblable que les Alliés entreront demain dans notre capitale. Pour le moment, on n'entend pas le bruit d'une véritable bataille.

"Pas de canonnade, pas de fusillade.

"22 heures - On n'entend plus rien, les Rennais, qui n'en croient pas leurs oreilles, gagnent les caves et les abris pour tâcher de trouver le sommeil.

"A Saint-Laurent, grand branle-bas, mais les chars américains n'attaquent pas. Les habitants se terrent dans les maisons et les abris. Une canonnade violente retentit pendant trois-quarts d'heure.

"Nuit du 2 août au 3 août

"1 heure - Un grand dépôt de munitions flambe et explose; on a su que c'était à Fouillard.

"3 heures - Les Allemands, qui dormaient dans les champs, commencent à se réveiller. Une immense clarté illumine le ciel, c'est le dépôt de la Luftwaffe de la Croix-Carrée qui flambe. Des milliers de cartouches et de grenades brûlent et éclatent pendant au moins six heures.

"Le bombardement de la ville continue, mais irrégulier. Les Allemands sont fatigués et affamés. Ils mangent des fruits verts; ils ont perdu tout espoir de vaincre ou même de résister.

"3 h 30 - Des patrouilles allemandes, mitraillettes et revolvers au poing, autour du cou des colliers de grenades, traînant des rouleaux de fil électrique, parcourent les rues du centre et surgissent dans les abris de la Mairie. Ils ordonnent d'évacuer en trois minutes, car la Maison commune va sauter. Les 100 à 150 personnes se trouvant dans cet abri sortent sans affolement et tâchent de gagner d'autres abris, soit au plus près, soit plus éloignés, au nord de la ville. Heureusement, l'hôtel de ville ne sauta pas. Ils mirent le feu à l'aile sud et, si les dégâts furent importants, ils ne furent pas irréparables.

"Les obus continuent à tomber sur le centre, le théâtre et les rues avoisinantes.

Les ponts de la Vilaine sautent dans la nuit. deux ponts sur le canal d'Ille-et-Rance sont préservés grâce au courage d'habitants du quartier qui réussirent à désarmorcer les charges d'explosifs.


1 - La Libération de Rennes -Association pour le Développement des Activités du Musée de Rennes

     
   
                                             
f2gr15.gif (202 octets)  fgr15.gif (168 octets)  fd15.gif (168 octets) Le 4 août, Rennes est libérée

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