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Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais" 

Les derniers convois de l'été 44


Quelles similitudes entre l’histoire de tous ces convois !!!

Le "train fantôme de Toulouse

Le convoi de Noë

Le convoi de Pantin du 15 août 44  
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Le convoi de Drancy-Bobigny du 16 août 44

Le convoi de Lyon Perrache du 11 août 44

Le convoi de Clermont-Ferrand du 20 août 44

Le convoi de Loos du 1 er septembre 44 pour Sachsenhausen

Autres "derniers convois":

-Le convoi de Belfort du 1er septembre pour Ravensbrück
-Le convoi de Dijon du 2 septembre pour Dachau
-Le convoi de Belfort du 5 septembre pour Buchenwald
-Le convoi  de Belfort du 3 octobre pour Buchenwald
-Le convoi de Metz le 12 novembre 44 pour Dachau

 

Le "train fantôme" de Toulouse
Étude de Louis Provostic)

(L'histoire de ce convoi, a beaucoup de similitudes avec celui  de Rennes. )

Etude réalisée par le mémorial des déportés de France

Le 3 juillet 1944, un train, formé de cent wagons à bestiaux, s'ébranle de la gare de Toulouse. Il emporte 700 hommes dont 60 femmes. "  prisonniers du camp de Vernet et 150 détenus de la prison Saint-Michel de Toulouse  livrés aux Allemands le 2 juillet, enfermés dans des wagons dont toutes les ouvertures ont été bouchées à l'aide de planches.", précise Henri Amouroux1.

Ces prisonniers ont été "livrés". Ce sont donc les Français qui ont fait cette "livraison" aux Allemands ?

Qui sont-ils ? Ce sont des résistants capturés et des réfugiés républicains espagnols.

"Les documents administratifs pour ces convois usaient invariablement du même euphémisme : "Remis aux Allemands pour destination inconnue".(V.S.D. 2.)

Le voyage devait durer 3 jours. En réalité il durera huit semaines , 53 jours pour traverser la France et 3 jours pour traverser l'Allemagne.

"Rien à manger, à l'exception des vivres distribués par les quakers un pain et une boîte de sardines pour deux hommes, un pain d'épice pour sept." Henri Amouroux1.

"Les gens restèrent sans eau et sans nourriture plusieurs journées d'affilée. Par manque de place, ils furent contraints d'établir des tours pour s'allonger et dormir, accablés par les poux, la maladie et l'épuisement. Leur soif extrême les réduisait à boire leur propre urine ou à lécher la condensation sur le métal des wagons. "C’était comme vivre dans un four roulant" se souviennent les rares survivants. Ils vivaient dans l'espoir que la Résistance ou que les alliés les libéreraient. Il n'en fut rien. C'est pourquoi, ils baptisèrent leur convoi : "le train fantôme", parce que, tel un fantôme, il passait. En pleine bataille de France, au milieu de l'armée allemande en déroute, des ponts bombardés, des voies sabotées, dans un pays qui, du jour au lendemain, ne comptait plus que des résistants, il passait. Par deux fois, cependant, il fut attaqué par des avions de la RAF, croyant qu'il s'agissait d'un transport de troupes. Mais, réalisant leur méprise, eux aussi finirent par s'éloigner et laisser...passer. "(V.S.D. 2.)

Le train prend la direction de Bordeaux, puis les Landes. La voie est coupée - Il revient sur Bordeaux. Il est attaqué par cinq Mosquito. Les Allemands s'enfuient dans la campagne, laissant les déportés dans les wagons fermés qui brandissent vers l'extérieur des chiffons bleu blanc rouge à l'attention des avions alliés. Deux soldats sont tués. Trois morts et sept blessés sont comptés chez les prisonniers.

Les gardiens ouvrent les portes une fois par jour pendant un quart d'heure. Les prisonniers peuvent sortir et l'on se débarrasse des morts.

A Angoulême, les prisonniers sont accueillis par la Croix-Rouge qui leur donne du pain, des fruits et de l'eau. La gare ayant été détruite par les Alliés, les voies sont bloquées par des wagons et des trains. Le convoi est contraint de faire demi-tour et repart pour Bordeaux

Trois jours vont passer pour les prisonniers avec, dans le ventre, une tasse de vermicelle et une tranche de pain données par la Croix-Rouge.

Le 12 juillet, on les fait sortir des wagons. Il y a des morts à l'intérieur.

Ils sont conduits à la synagogue de la ville, transformée en prison et ils y resteront trois semaines. Comme nourriture, ils ont droit à de l'eau chaude marron le matin, de l'eau chaude jaune le midi et, enfin, une soupe avec des restes de pain.

Le 8 août, les prisonniers embarquent, à nouveau, dans le train auquel on a ajouté des wagons destinés à de nouveaux déportés.

Henri Amouroux :

"Destination... Nîmes.

"Patton est au Mans, Patton est à Chartres. Leclerc approche de Paris. De Lattre se bat pour Toulon. Eux sont à Nîmes.

"Avec les troupes allemandes en déroute, on leur fait remonter la vallée du Rhône. A pied, lorsque la voie est coupée -cela arrive souvent-, à pied sans boire ni manger puis, à nouveau, dans les wagons à bestiaux dont les gardiens ferment hermétiquement les portes.

"Des avions américains  attaquent ce convoi qui, pour eux, est un convoi comme les autres. Trois morts et seize blessés dans un seul wagon. Fou de douleur, énergie décuplée, un détenu arrive à forcer la porte. Les Allemands tirent. Trois morts de plus.

V.S.D. poursuit son récit :

"Le 18 août, il atteint le Rhône, dans la région d'Avignon, qu'il faut traverser pour poursuivre la route. Mais le pont de Roquemaure est détruit.

"Entre-temps, les Alliés ont également débarqué dans le sud de la France. Leurs avions survolent le train en permanence. Ce jour-là, Toulouse, où le convoi est passé moins d'une semaine plus tôt, est libéré. Les Alliés sont partout.

"Mais alors même que le Rhône est infranchissable et que les Alliés avancent à moins de 80 kilomètres derrière eux, les Allemands refusent d'abandonner leur mission. Et toujours personne pour venir au secours des prisonniers. Une fois de plus, les Allemands les font descendre des wagons pour traverser le Rhône à pied, sur un pont partiellement détruit.

"Pendant plus de 20 kilomètres à travers les vignobles de Châteauneuf-du-Pape, ils marchent sous un soleil de plomb jusqu'à Sorgues."

La Provence Archives-Actualités 1998

"Commence une interminable marche qui conduit les déportés jusqu'à Sorgues. Dix-sept kilomètres d'enfer. "J'étais pieds-nus et le goudron me collait à la peau. J'étais épuisé, obligé de porter le barda des soldats allemands", raconte Maurice Lafosse. A midi, la colonne entre dans Châteauneuf-du-Pape.

La tête haute, quelques déportés bravent les Allemands et entonnent "La Marseillaise". 

Vers 16 heures, ils arrivent à Sorgues.

"Ils étaient comme des loques, harassés, écrasés par la chaleur, assoiffés. Je revois encore cette longue colonne qui n'en finissait plus". 

Ce 18 août 1944, Jacqueline Simon n'était qu'une toute petite fille. Mais elle gardera à jamais en mémoire, l'image de ce cortège d'hommes et de femmes arrivant au cœur d'une après-midi caniculaire dans Sorgues, après une marche forcée de 17 kilomètres pour embarquer à nouveau dans un "train à bestiaux." Louis Augier, dont le père était économe de l'hospice de Sorgues en a encore "la chair de poule" lorsqu'il évoque cette sordide après-midi. Il n'avait que 12 ans. "Je jouais dans la cour, raconte-t-il, quand tout à coup j'ai vu ces gens en haillons qui marchaient difficilement, encadrés par deux files de soldats allemands. Mon père m'a attrapé par la main, j'ai toujours cette image terrifiante de ce soldat qui a pointé son fusil vers nous"...

"Les prisonniers ne sont autorisés à descendre qu'une fois par jour quelques minutes. "Philippe Toureille, jeune étudiant en médecine en profitait pour aller chercher du fenouil et donner à manger aux femmes" raconte Robert Silve, cet habitant de Sorgues qui depuis 1990 fait œuvre de mémoire. Dans la nuit du 17 au 18 août, le train repart enfin pour être finalement immobilisé à Roquemaure. "Les voies ont été pilonnées et l'état-major allemand décide le transport des déportés sur la rive droite". Certains comme Raymond Champel en profitent pour s'évader et rejoindre le maquis.  "...

"Nous étions effarés" se souvient encore Jacqueline Simon. "Les Allemands étaient aussi fatigués, en pleine déroute, très énervés". N'en faisant cas, la population de Sorgues se mobilise et se rassemble autour de la gare. "Ils nous ont amené des tomates, des melons, même du vin" raconte encore Jacqueline Simon. Profitant de ce mouvement de foule, de l'aide précieuse aussi des cheminots, 34 prisonniers s'évadent et trouvent refuge chez des habitants qui les aideront à rejoindre le maquis. Certains participeront quinze jours plus tard à la libération de Sorgues."

Le train repart vers 21 heures

VSD:

"Il est à nouveau attaqué par la R.A.F., près de Montélimar. Rien que dans le wagon de tête, neuf personnes sont tuées et une douzaine d'autres blessées. Encore une fois, les Allemands s'éloignent du train jusqu'à la fin de l'attaque.

"Tous savent maintenant que leur destination finale est l'Allemagne. Tous pensent à s'évader. Mais la plupart d'entre eux sont trop affaiblis. Le train progresse toujours plus vers le nord, le long de la vallée du Rhône. Il s'arrête à Valence le 20 août. Une femme approche une ardoise sur laquelle elle a écrit : "Paris est encerclé, courage!" Ce jour-là, en ne comptant plus que sur elles-mêmes, vingt-cinq personnes s'échappent du même wagon.

"Montélimar, alerte. Valence, alerte.

De temps à autre, il y a des évasions. A Valence, un cheminot a fait fuir onze détenus déguisés, malgré leurs haillons, en ouvriers de la voie. Dans certains wagons, à l'aide de pointes et de canifs savamment dissimulés, on travaille longuement, fébrilement, à faire un trou dans le plancher. Il faut des heures et des heures.

Lyon  est atteint le 21 août.

"Les gens sur les quais de la gare tiennent des pancartes qui disent : Votre train n'arrivera pas en Allemagne". C'était comme si tous ceux qui le voyaient passer connaissaient son périple et sa destination, mais ne pouvaient ou ne voulaient pas intervenir.

A Chalons, les Allemands distribuent un pain de 2 400 grammes, deux kilos quatre cents, par wagon de 70 hommes et un seau d'eau.

"Le 24 août, chaque détenu touche dix biscuits. La population de Beaune apporte du vin, mais les soldats s'en emparent et s'enivrent.
"Le train continue, avec sa charge d'hommes et de haines. Ils sont trop malheureux, les prisonniers, pour s'estimer et s'entraider encore.
"Le train continue.
"A 22 heures, le 24 août, onze déportés sautent entre les rails.
"Le douzième a une jambe coupée par le convoi qui roule à vingt kilomètres à l'heure.
"Le treizième aussi.
"Le train continue.

"Les chars de Leclerc sont à la Porte d'Italie."

Trois jours plus tard, le train atteint Dijon. La campagne est jonchée de wagons en feu, de fermes abandonnées et de trains renversés. Mais celui-là, encore une fois, réussit à passer.

"Aux environs de Neufchâteau, à quelques heures à peine de la frontière, Francesco Nitti, antifasciste, neveu d'un ancien premier ministre italien, parvient à s'échapper à travers le plancher du wagon. Dans la tentative, cinq autres périssent, écrasés par le train.

"Jean Nodon, lui, n'a pas réussi à s'évader, mais il a survécu au camp de Dachau. Il pesait 32 kilos à sa libération. Il a vu des prisonniers tellement affamés qu'ils mangeaient les cuisses des prisonniers morts, tellement désespérés qu'ils se suicidaient en se jetant contre les grillages électriques qui entouraient le camp.

"Sur les sept cents déportés de ce train fantôme, se frayant cahin-caha un chemin à travers la France pendant ces derniers jours de guerre, la moitié seulement devait revenir".

(Livre édité en 2003)

Le convoi de Noé

Un autre "dernier convoi" a été constitué dans le camp de Noë, située au sud de Toulouse. Ce sont les Français collabos et autres qui se sont chargés de tout organiser avec vivres etc., pour y mettre les vrais Français qui auraient pu les "déranger" après la guerre. Ils ont confié ce train à leurs complices nazis, transporteurs expérimentés... Ce convoi a fait l'objet d'une émission sur Canal + dans "Le vrai journal".

Le convoi de Pantin

Un de plus, "le dernier convoi", appelé ainsi comme d’autres, quitte la gare de Pantin à Paris le 15 août 1944, emportant 3000 prisonniers politiques (400 femmes et 2600 hommes). Toutes les prisons avaient été vidées : La Santé, Fresnes, le Cherche-Midi.

Le 17 aout 1944, la Résistance essaie, sans y parvenir, de stopper le convoi à Dormans, dans le département de la Marne. Plus tard, le chef de gare de Revigny, dans celui de la Meuse, à la demande de la Croix-Rouge, tente lui aussi de convaincre le chef de train SS d’arrêter le transport, mais sans plus de réussite. Dans le même temps, à Paris, le consul de Suède Raoul Nordling signe un accord avec le major Huhm représentant le Militärbefehlshaber in Frankreich.

Suivant ce texte, les prisonniers et déportés sont placés sous la protection du consul de Suède. Cependant, les nombreuses démarches du diplomate ne parviennent pas à arrêter le transport du fait du refus du chef de train SS.

Dans la nuit du 17 au 18 août, le train arrive à Bar-le-Duc. La Croix-Rouge, qui demande l’arrêt du train, n’obtient que la libération de trois femmes et d’un prêtre polonais malade. Le 18, à Lérouville puis à Avricourt, au passage de la frontière, elle renouvelle infructueusement cette demande.

Le même jour, lors d’une halte à Nancy, des membres du gouvernement Laval en route pour l’Allemagne demandent au préfet d’intervenir pour stopper le transport. Ces démarches échouent également. Peu après le départ de Nancy, 2 femmes réussissent à s’évader. Puis 2 malades sont semble-t-il libérées, l’une à Avricourt, l’autre à Sarrebourg.

Un rescapé témoigne : " Sur les quais, notre convoi s’est formé. Nous étions désespérés. Leclerc était aux portes de Paris. J’entends encore les cheminots crier : " Vous n’irez pas plus loin, la guerre est finie. Les Alliés ont débarqué à Saint-Tropez. "

Le convoi se trouve bloqué dans un tunnel. " Les Anglais, qui savaient qu’il y avait dans ces wagons l’élite de la Résistance, ont démoli le tunnel de Nanteuil-Sacy. Les Allemands nous ont évacués les uns par Nanteuil, les autres par Saâcy et les derniers   par-dessus le tunnel. Après trois kilomètres ils sont arrivés de l'autre côté. Il y avait là un train de femmes allemandes qui fuyaient. On les a fait descendre pour les mettre dedans"5.
Témoignage: (Lire)

LE MÉMORIAL DU DERNIER CONVOI DE DÉPORTATION EN SEINE-ET-MARNE A ÉTÉ INAUGURÉ LE 23 JUIN 2012

Source : Bulletin des médaillés militaires Juin 2012



Le 15 août 1944, le train de déportés numéro 1264 quitte le quai aux bestiaux de la gare de marchandises de Pantin en direction de l'Allemagne. À bord, 2.400 résistants et résistantes extraits les prisons de Fresnes et du Fort de Romainville, 9 Compagnons de la Libération... Le 16 au matin, le sinistre convoi est contraint de s'arrêter dans la plaine de Luzancy, le pont ferroviaire qui enjambe la Marne ayant été détruit par l'aviation britannique. Les détenus vont parcourir à pied plusieurs kilomètres pour rejoindre la gare de Nanteuil-Saâcy(*), de l'autre coté de la rivière, où un nouveau train les mènera en une semaine qui à Buchenwald, puis Dora, Ellrich et Nordhausen pour les hommes, qui à Ravensbrück, pour les femmes. 85% d'entre eux n'en reviendront jamais. Dans ce même train, se trouvaient des officiers allemands, des auxiliaires allemandes de la Gestapo (les trop fameuses «souris grises»), ainsi que des collaborateurs français allant chercher refuge en Allemagne. Le convoi transportait également plusieurs centaines de déportés étrangers, dont 158 aviateurs alliés dont les avions avaient été abattus au-dessus de la France. À leur arrivée à Buchenwald, ils seront traités comme des espions, avant d'être transférés dans un camp de prisonniers de guerre. À noter que le site Internet de la Fondation de la Mémoire de la Déportation donne une liste assez précise des déportés: http://www.fmd.asso.fr

Apposée le 24 avril 1993 sur la façade de la gare de Nanteuil-Saâcy, une plaque rappelle l'histoire de ce dernier convoi, tandis que le 16 août de chaque année une cérémonie rend hommage à ces déportés. C'est à cette occasion qu'en 2006 l'idée d'un mémorial a été lancée. Créé en 2008 sous l'égide de l'Office Départemental des Anciens Combattants de Melun, le comité dédié à ce projet comprend les organisations patriotiques locales et départementales, ainsi que les collectivités territoriales voisines. Pour perpétuer le devoir de mémoire, il s'est proposé d'installer un wagon sur un terrain proche de la gare. Grâce notamment à l'appui de son comité d'entreprise, la SNCF a retrouvé un wagon en bois (40 hommes - 8 chevaux) utilisé pour la déportation et le lui a généreusement offert. Financée par le Comité du mémorial, sa réfection a été assurée par les services de la SNCF de Béziers, dans le respect scrupuleux de l'authentique : les inscriptions sont véridiques, le sigle étoile jaune est un indicatif ferroviaire international relatif à la vitesse du convoi et à la charge du wagon (et non l'étoile jaune de sinistre mémoire). Ainsi retravaillé, il a pu être transporté sur le lieu mémoriel le 12 octobre 2011. Pour autant, l'agencement définitif du site prévoit d'implanter un mur de verre explicatif sur lequel, notamment, seront gravées les premières strophes de la chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat. Il est également question de sécuriser le mémorial pour l'accueil du public, dont les personnes à mobilité réduite, ainsi que de planter un massif de rosés Résurrection de Ravensbrück (voir plus loin). Le mémorial, qui aura mobilisé les énergies des derniers survivants de cette époque, sera, en particulier pour les jeunes générations, le seul lieu de mémoire de la Résistance et de la Déportation en Seine-et-Marne. Il permettra l'organisation de visites ou de manifestations mémorielles, patriotiques ou pédagogiques, et s'insérera dans l'offre culturelle, historique et touristique du département. Il pourra s'inscrire dans le réseau des autres musées de la Résistance et de la Déportation. La cérémonie annuelle du 16 août sera naturellement conservée.


COÛT ET FINANCEMENT


D'un montant de l'ordre de 108.500 euros, le devis initial inclut la réfection et le transport du wagon, ainsi que l'aménagement et la sécurisation du terrain. Les mairies de Nanteuil et de Saâcy ont apporté leur appui administratif et logistique. La mairie de Saâcy a apporté le terrain (dans le cadre d'un prêt à usage) et prendra à son compte les frais de fonctionnement (éclairage, assurances, maintenance,...). Les fonds jusque là recueillis proviennent des pouvoirs publics (ministère de la Défense et Conseil Général de Seine-et-Marne), d'une cinquantaine de collectivités locales du Pays Fertois et de toute la Seine-et-Marne, également de l'Aisne voisine, des organisations patriotiques locales, départementales et nationales, de fondations (ex. Grand Orient de France), de plusieurs centaines de particuliers témoins de cette époque, et du grand public. Les participants au projet et les membres du Bureau sont tous bénévoles. Les frais de fonctionnement ont été réduits au strict minimum. A titre d'information, en 2011 le Comité a recueilli 18.650 euros de la part des collectivités territoriales, 14.950 euros de celle des organisations patriotiques nationales, 5.470 euros en provenance des organisations patriotiques locales et 9.849 euros à titre de dons de particuliers. C'est dire qu'à l'heure actuelle 10 à 15.000 euros manquent encore à l'appel pour boucler l'opération.


Au nombre des donateurs:

 Amicale des Déportés Français du Camp de Mauthausen, Association des Déportés de Flossenburg, Association Française Buchenwald-Dora, Association Internés & Déportés en Allemagne, Commission Dora-Ellrich, Fédération Nationale André Maginot, Fédération Nationale des Déportés & Internés - Résistants et Patriotes, Fondation Maréchal de Lattre (Comité départemental 77), Fondation pour la Mémoire de la Déportation (Délégation territoriale Seine-et-Marne), Les Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, SEMLH (Section Seine-et-Marne), Le Souvenir Français 77, Union Nationale des Orphelins de Déportés, Union des sections de médaillés militaires de Seine-et-Marne, Vauquois Aisne Berlin -Amicale 46e Infanterie, ACPG - CATM Pontault, Combault, ADCPG - CATM de Seine-et-Marne, ACVG Chartrettes / Verdelot Montdauphin / Couilly-Saint-Germain-Montry-Magny / Évry-Crégy sur Verres / Vallée du Petit Morin, ADCV77, ADIRP 77, ADIRP Dammarie les Lys / Provins / Villeparisis - Mitry / Melun-Dam-marie / Chalautre-la Petite, ANACR 77, Associations des Anciens Combattants, Association Melunaise ACVG, Assocations des Officiers de Réserve - Région de Melun, Comités d'Entente des ACVG de Montereau et Melun, , Comité d'Entente des Associations Patriotiques de Jouarre, FNACA de La Ferté-sous-Jouarre et Trilport, FNDIRP de Montereau Pont Yonne / Chelles-Vaires-Brou-Torcy / Pontault-Com-bault, La Fraternelle ACVG - Moissy Cramayel, La Fraternelle de Jouarre, Le Poilu de Saâcy et d'Ussy, Comité du Souvenir Français de Melun, Comité du Souvenir Déportation 77, UFAC Bassevelle.
Au jour de l'inauguration, la SNEMM a eu le plaisir de remettre un chèque de 500 euros au Comité du mémorial du dernier convoi de déportation en Seine-et-Marne.

Associez-vous à cette opération commémorative en envoyant vos dons à :

Comité du mémorial du dernier convoi de déportation en Seine-et-Marne Mairie de Saâcy-sur-Mame - 77730 Saâcy-sur-Marne.



(*) Nanteuil-sur-Marne et Saâcy-sur-Marne sont deux villages du nord-est de la Seine-et-Marne, sur le canton de La Ferté-sous-Jouarre, situés de part et d'autre de la Marne, à la limite de l'Aisne sur la ligne SNCF de Château-Thierry et Strasbourg depuis la Gare de l'Est dont ils sont distants de 75 kilomètres.

 

 

Le convoi de Drancy - Bobigny

Historia, août 1994 : "16 août. Dernier convoi de déportés  juifs de Drancy vers Buchenwald."

Le Quid, 1998 : "17 août : Départ de Bobigny du dernier wagon emmenant des internés de Drancy".

Le convoi de Lyon - Perrache

Ici, je reprends un témoignage relaté par Henri Amouroux :

"Quatre jours pour aller de Lyon à Tournus - 50 kilomètres - pour le train 14.166 dans lequel se trouve Marie-Louise Bordet, arrêtée le 14 juillet par la Gestapo pour son activité en faveur du Vercors.

"Son convoi -10 voitures de 3è classe, ce qui dans le malheur est une "chance" - a quitté Lyon-Perrache le 11 août. Dans les wagons de tête, les juifs ; les résistants non juifs dans ceux qui suivent. Le 15, voici le train à Tournus. Le 17, il arrive à Chalon-sur-Saône où les déportés qui, depuis leur compartiment, ne peuvent rien deviner, car les stores sont baissés et solidement attachés, reçoivent de la Croix-Rouge un peu de ravitaillement. A Is-sur-Tille (près de Dijon), demi-tour, le pont a sauté. Le convoi repart en direction de Langres et de Vittel où il stationne deux jours sur une voie de garage. La présidente de la Croix-Rouge de Vittel parvient à convaincre un lieutenant allemand de laisser descendre les détenus par groupes de vingt. Depuis quatre jours, ils n'ont rien mangé. Un restaurateur charitable ne se contente pas d'offrir de la soupe, il apporte une brassée de nouvelles. Il dit non seulement que les Alliés approchent de Paris, que le débarquement en Provence a réussi, mais, surtout, que le maquis s'apprête à délivrer les prisonniers.

"Hélas, rien ne se produira et le train reprendra sa marche jusqu'à Ravensbrück pour les femmes, jusqu'à Auschwitz-Birkenan pour les hommes, où il arrivera le 22 août."

Le convoi de Clermont-Ferrand

M. Amouroux relate un autre convoi :

"Le 22 août, où en est le train 92 qui a quitté Clermont-Ferrand deux jours plus tôt ? Il pénètre en gare de Paray-le-Monial (3).

"A Clermont, les "voyageurs" ont été embarqués dans cinq wagons à bestiaux. A Mgr Piguet, l'évêque de Clermont, et au prince de Bourbon-Parme, les Allemands ont accordé la faveur d'un compartiment de troisième classe.

"Devant ce "dernier" train, comme devant tous les autres, les voies sont coupées. A deux reprises, les Allemands obligent les déportés à réparer les coupures faites par l'aviation ou par la Résistance. Ils pourraient se désintéresser du sort de ces malheureux. Il semble au contraire qu'ils soient pressés de les voir arriver en Allemagne - ils seront à Cologne le 30 août - puisque, à Dijon, ils leur donneront priorité sur des trains de troupe !

(3) A Paray-le-Monial, le train 92 sera attaqué par un groupe de maquisards mais leur entreprise échouera. Cinq d'entre eux seront fusillés, deux autres joints aux prisonniers et, comme eux, déportés.

Le convoi de Loos

Juste avant l’arrivée des Alliés, le 1er septembre au soir, un train, composé de douze wagons de marchandises, quittait la gare de Tourcoing, emportant 870 détenus environ provenant de la prison de Loos en direction de Sachhausen. (Lire)

Ils avaient été transférés de la prison par camions, enchaînés par trois, gardés par des S.S. ivres. Dans les rues de Lille, les F.F.I. avaient commencé à dresser des barricades que les S.S. mitraillaient en passant !

Les prisonniers, comme pour les autres convois, s’attendaient à être libérés. Madame Trentesaux, de la Croix-Rouge a témoigné  : " Nous voyions ces hommes enfermés dans ces wagons sans autre aération que la petite lucarne grillagée. Un soleil de plomb chauffait ces wagons…Puis le train est parti. Nous pensions que, quelques kilomètres plus loin, il serait stoppé et que ces hommes seraient libérés… "

Un autre témoignage confirme cet espoir de libération 3: " Quand le train partit, chaque prisonnier était persuadé que le voyage serait bref. On annonçait en gare, que les Anglais avaient atteint Armentières, que la Résistance barrait toutes les voies de communication, et la traversée de Lille avait démontré que l’insurrection nationale avait commencé. Et pourtant, les heures, les unes après les autres, s’envolaient. Dans l’impossibilité de rien voir, on comprenait évidemment que le train avançait néanmoins vers sa destination… "

Malheureusement, le convoi arriva à destination. à Sachsenhausen

570 prisonniers ne revinrent pas .

 

              

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Sources:

1.Henri Amouroux "Joie et douleurs du peuple libéré" - tome 8 - au chapitre 14 intitulé : "Les derniers trains".
2. Journal V.S.D.. édition du 7 septembre 1994
3 J.M. Fossier : Zone interdite - Ed. sociales 1977
4 L'odyssée du train fantôme. 3 juillet 44: Une page d'histoire-Robert Laffont 2003
5 Jusqu'au bout de la résistance-FNDIR-UNADIF-Bernard Fillaire -Editions Stock 1997

Sites à visiter:

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14/01/2015