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Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais"
Doulon et le maquis de Puy-le Maure

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce convoi de déportés  

Le convoi s'arrête peu de temps avoir quitter Nantes dans la petite gare de Doulon pour changer la locomotive. Le chef de gare avise que le maquis est avisé du passage du train pour le faire dérailler.

 

Pierre Bourdan 1(2ème convoi)

" Nous étions, cette fois, à quai et il ne nous fallut pas longtemps pour prendre contact avec le chef de gare. Ce chef de gare n’y alla pas par quatre chemins. Tout en passant et repassant à la recherche apparente de renseignements sur l’état des voies — qui variait, et pour cause, d’heure en heure — et d’une locomotive dont les Allemands demandaient la remise en marche immédiate, il nous communiqua un certain nombre de renseignements intéressants. On voulait nous emmener à Segré pour redescendre de là sur Angers et la Loire, puisque la voie principale qui longeait le fleuve entre Nantes et Angers était impraticable. A mi-chemin de Segré, un peu avant la gare de Saint-Mars, il y avait un maquis le maquis de Puy-le-Maure. " Bien entendu ", le maquis était averti du passage des trains "cela se fait automatiquement ", dit le chef de gare, de l’air d’un homme qui tient à marquer que son service ne laisse rien à désirer. Les maquisards avaient-ils été prévenus assez à temps pour rassembler le gros de leurs forces 140 hommes environ ? Avaient-ils des explosifs ? Le mieux serait, évidemment, de faire dérailler le train et de "bagarrer " après, une fois nos gardes "démontés ". Mais, depuis quelque temps, les Allemands exerçaient un contrôle des voies si minutieux qu’on ne pouvait faire dérailler qu’en se servant d’explosifs et à la dernière minute. Tous ces détails nous furent évidemment soufflés, en passant, par phrases intermittentes, avec des pauses, de longues interruptions pendant lesquelles on attendait une réponse et amorçait une nouvelle question "pour nous ", le chef de gare allait faire plus et ne pas se contenter du "système ordinaire " d’avertissement au maquis. Il allait envoyer deux jeunes gens à bicyclette aux deux points principaux où on pouvait prendre contact avec les maquisards. C’était une affaire de dix-huit à dix-neuf kilomètres. Les vélos franchiraient la distance en trois quarts d’heure. Quant au train, "il attendrait ce qu’il faudrait ".

L’idée du déraillement nous tentait (le mécanicien était allemand). En tout cas, nous allions, sans différer, nous mettre "au travail ". Mais, là encore, nous fûmes désappointés. Il y avait trois gardes en permanence qui surveillaient notre wagon à contre-voie et que nous apercevions par un trou dans la paroi. Du côté du quai, il n’y fallait pas songer. Les gardes allaient et venaient, en nombre, devant nous et si on pouvait, en exploitant chaque seconde d’inattention, échanger des propos furtifs avec le personnel de la gare, on ne pouvait compter enlever, sous leur nez, planches et panneaux de fer : une opération qui demandait au moins vingt à vingt-cinq minutes de tranquillité complète"

Sources:
1 Pierre Bourdan-"Carnet de retour avec la division Leclerc" Édition Plon 1965

     

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03/08/2015

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