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Les différents lieux d'embarquement

Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais"

05/12/2015
Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce
s 2 convois de déportés  

Le premier convoi  de déportés quitte la Courouze le 2 août 1944 vers 6 heures du matin.

Un embranchement ferroviaire juste avant la Courrouze, le long de la rue Jules Verne permettait de rejoindre la voie ferrée Rennes Redon, seule voie libre  à ce moment là. Une partie des prisonniers ont embarqué dans des wagons à bestiaux à cet endroit.

Le responsable du convoi était l'officier qui dirigeait la prison Jacques Cartier.

A cet endroit, dans la soirée du 1er août, 150 prisonnières montent dans des wagons de voyageurs où elles passent la nuit. Au petit matin, elles sont transférées dans des wagons à bestiaux. Un important convoi est en formation dont font partie des détenus de la prison Jacques Cartier.

Madeleine Allard
"On nous fit monter dans des wagons de 2ème classe. Cela ne devait durer, peu de temps après, on nous expédia à grands coups de crosse, dans les fameux wagons que les poilus ont rendu légendaires, 40 hommes ou 8 chevaux. Nous n'étions que 52 environ dans chaque wagon, et n'avions pas le droit de nous plaindre: enfin nous faisons connaissance avec nos voisines de cellule et les voies connus. Nous nous regroupions par affinité et il n'y eu jamais, dans ces conditions lamentables de ces affreuses et sordides querelles dont on dit les femmes coutumières.

Une étrange solidarité nous liait toutes, si différentes de milieu, situation, religion et parti. Nous nous retrouvions un peu comme les hommes au régiment."

Angèle Deplantay:

"Dans le premier wagon, se trouve une  quarantaine de femmes. Elles occupent les deux extrémités du wagon, la largeur des portes, presque le tiers, était réservé aux trois Allemands qui nous gardaient. Nous n'avons jamais pu nous coucher pendant 14 jours".

Yvonne Kervarec: 3

"Pour pouvoir s'allonger et même s'asseoir, on doit placer l'une et l'autre jambe entre celles des compagnes installées vis-à-vis.

Il y a là la générale Allard, les sœurs Abraham, Mlle Moreau, pharmacienne à Bordeaux, Mmes Ballard et Nuss (cette dernière épouse de l'un des chefs du réseau"Turquoise") . Mme Perrot et sa fille qui ont hébergé des maquisards à Gourin. Une vieille paysanne, arrêtée dans une banale affaire de droit commun, n'a pas entendu l'appel de son nom à Jacques Cartier, où elle aurait été libérée avant le départ. Elle ira jusqu'au bout du chemin.

Les vantaux de ce wagon restent ouverts. Deux soldats se tiennent en face de chaque portes.  L'un s'appelle Karl et doit être Alsacien. Les prisonnières le provoquent en agitant des chiffons bleus, blancs, rouges et par des chants patriotiques.

""Vous allez m'attirer des histoires, protestera-t-il. Vous verrez. d'ailleurs, c'est noté... Vous êtes des emmerdeuses."

Françoise Elie:

"Enfin, nous arrivions à la Courrouze. Tout de suite on nous faisait monter dans un wagon de 2ème classe ; on n'en revenait pas de leur gentillesse. Mais, à peine installées, on nous faisait redescendre pour nous mettre dans des wagons à bestiaux, cinquante par cinquante avec quatre Allemands armés. Les hommes étaient déjà installés, ainsi que beaucoup de prisonniers allemands avec des menottes. On a su par la suite que c étaient des déserteurs qui allaient se faire juger en Allemagne.

Fatiguées des émotions de la veille, nous avons essayé de nous asseoir par terre, et de plus, nous ne pouvions pas dormir. Toujours debout; la place était petite pour chacune, il fallait nous habituer à vivre ensemble dans cette misère. Nous avions déjà faim. Le soir, nous avions eu tellement la joie d’être bientôt délivrées que nous n’avions pu manger et, naturellement, pour partir il n’y avait rien... Et ce terrible cafard qui nous tenait toutes."

Emplacement du mémorial de la Courrouze inauguré le 2 août 2015 à Rennes

 

 

Parcours emprunté par les prisonniers  du premier convoi, le matin du 2 août 44 pour rejoindre le lieu d'embarquement rue Jules Verne

 

Pour voir le plan en grand format

Sur ce plan, on aperçoit bien la ligne de chemin de fer qui partait du Parc d'artillerie et qui rejoignait la ligne de Redon.

 

 

 

Le 3 août, les prisonniers du 2ème convoi sont embarqués près du château de la Prévalaye. Le convoi quitte Saint-Jacques-de-la-Lande vers 4 ou 5 heures du matin.

Joseph Abaléa:

"La longue colonne s'ébranle sous bonne escorte. Nous tournons le dos à la gare et après un certain temps de marche nous sommes le long d'une ligne de chemin de fer où un convoi de wagons à bestiaux - des plates-formes - une cinquantaine - nous attend. L'embarquement se fait sans ménagement et nous quittons Saint-Jacques-de-la-Lande, avec quatre gardiens dans notre wagon."

 

Les prisonniers politiques sont conduits à pied  vers Saint-Jacques-de-Lande  où ils montent dans des wagons  à bestiaux à 55 à 60  personnes par wagon.  Le responsable du convoi est  l'officier qui dirige la prison Jacques Cartier. 

 

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(Le tracé a pu être reconstitué grâce aux recherches de M. Candio et le témoignage de M. Roger Dodin)

Montage réalisé à partir de deux photos aériennes prises par les Alliés en juin 1943

 

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Vue aérienne de la voie ferrée reliant la Kriegsmarine, route de Lorient à la voie ferrée Rennes Redon

 

Roger Dodin raconte: "On est  arrivé devant le château de la Prévalaye qui brûlait aussi. Ils nous ont fait monter dans des wagons à bestiaux, qui se trouvaient sur une voie ferrée nouvellement construite entre les entrepôts de la Kriegsmarine route de Lorient et la ligne de Redon Rennes. On est parti de la Prévalaye. On est passé près de la ferme de la Morinais et dans la Chevrolais (rue des Korrigans actuelle)."

Autres témoins:

M. Leguyader: "On a quitté Rennes dans la nuit du 3 au 4, même le 4 à 4 ou 5 heures du matin.

"Mon oncle Frédéric Benoist a été dans le deuxième convoi dans la nuit du 3 au 4 août vers 3 ou 4 heures. le départ a eu lieu entre la Reuzeraie et la Prévalaye.

Un long voyage de 3 semaines commence dans la chaleur de l'été.

 

Sources:

  • Dossier de Louis Provostic

  • Témoignage de Joseph Abaléa

  • Témoignage de Georges Dodin

  • 3   Thomas et Legrand - -"39-45 Finistère" - Le Finistère dans la guerre" -Éditions de la Cité ( P 307)


                

                                                
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