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Le 2 août, la Croix Rouge donne da la nourriture aux prisonniers du premier convoi. Le dernier convoi de déportés quitta Rennes le 3 août 1944- Redon est libéré le soir du 4 août 44

Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais"

 

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce convoi de déportés  

Madeleine Allard ( Madeleine Allard et sa belle-mère habitait Messac avant d'être arrêtées le 1er décembre 1943 par la gestapo.)
"Après avoir roulé trente kilomètres
, à Messac, nous pûmes voir la maison, qui se dressait sur le ciel du matin d'été. Serrement de cœur, au passage à niveau où nous vîmes quelqu'un de connu, mais la gare était pleine de soldats allemands, pas pour longtemps, deux jours après les Américains arrivaient.

Le voyage se poursuivit interminable mais distrayant."

 

 

(Le 2 août 1944). La Croix-Rouge donne de la nourriture aux prisonniers du premier convoi arrivé le matin. Vers midi , le convoi repart vers Nantes . Le lendemain, la Croix-Rouge ne sera pas autoriser à donner des secours aux détenus du deuxième convoi.

Témoignage de Marguerite Sébilleau1:(1er convoi)Témoignage Mme. Sébilleau- La Résistance en Bretagne. Page 108-109)
( Marguerite Sébilleau  avait été incarcérée le 12 juin 1944 à Jacques Cartier pour être libérée le 31 juillet)

"Apprenant qu'un train de prisonniers venant de Rennes stationnait en gare de Redon, ma fille Denise est accourue à la maison, et nous sommes parties toutes les trois. L'infirmière de la Croix Rouge m'a aussitôt donné son brassard en me disant: "Mme Sébilleau, c'est à vous, et non pas à moi, d'aller voir les prisonniers. Allez les soigner!" J'ai pu réconforter mes anciennes camarades de Jacques Cartier, difficilement car les Allemands nous empêchaient d'entrer dans les wagons. Mes filles ont caché dans leurs cheveux une quantité de petits billets qui leur étaient glissés dans la main dès que la sentinelle tournait le dos. Il y avait là Mlle de Nanteuil, Mlle Moreau, Mlles Abraham...

"Un deuxième train, venant lui aussi de Rennes, s'est également arrêté à Redon. Vous savez que le ravitaillement n'était pas gros, à cette époque? Eh bien! chacun a voulu apporter ce qu'il avait chez lui, et les religieuses du collège Saint-Sauveur ont même trouvé le moyen de faire cuire des rôtis de veau pour les prisonniers!

Avec les prisonniers, ce train transportaient les gardiens de la prison de Rennes. la femme allemande qui venait chaque jour ouvrir la porte de ma cellule à Jacques Cartier m'a aperçue, comme j'apportais un litre de lait. elle m'a appelée: "Madame Sébilleau! donnez-moi ça!" Vous pensez si je me suis sauvée en vitesse! J'en aurais été malade, de lui donner ce lait!

A un gardien allemand, j'ai remis un paquet de cigarettes pour qu'il le porte à mon mari, parce qu'il nous avait défendu d'aller le long du train. J'espérais qu'il me permettrait d'embrasser mon mari, mais il n'y a rien eu à faire. Tout de même, il lui a donné un petit peu des cigarettes du paquet."

Yvonne Kervarec 4 (1er convoi)

"Mme Sébillot apparaît sur le quai de la gare avec la Croix-Rouge et du ravitaillement .
"Pas un mot, lui crie un officier qui commande le convoi, sinon vous monterez aussi dans le train!"
Yvonne Kervarec tend son sac à main à Mme Sébillot , avec les papiers restitués à la sortie de Jacques Cartier":
"Pour maman!" (elle a son adresse.)

Françoise Elie (1er convoi)

"A Redon, c’était la meilleure cuisine que nous ayions eue de tout notre voyage, mais trois bols par wagon ... Il fallait avaler un bol de nouilles et de rôti en quelques secondes pour que toutes puissent manger nous avions même du vin fin ... Cette dame qui offrait à déjeuner à des centaines de prisonniers venait de sortir de la prison de Rennes, quelques jours avant. Nous étions remontées physiquement et moralement.
Si le voyage pouvait se poursuivre ainsi, à part la petitesse du wagon. Nous avions chaud, trop chaud même, et puisque nous allions dans un camp en France, nous aurions au moins de l’air à respirer, mieux qu’en cellule."

Jean Morin (1er  convoi)

Parti dans le premier convoi de Rennes avec Henri Morin et l'abbé Maurice Barré. Il réussit à faire passer plusieurs papiers durant le trajet dont le premier à Redon .Sur un papier remis très probablement à Marie-Thérèse Sébilleau, la date du 2 août est bien lisible.

Pierre Kerautret 3

"Le train s'est arrêté en gare devant un bistrot. On a demandé à aller chercher un seau d'eau(il y avait une pompe devant le bistrot). Je dis au boche qui m'accompagnait :"On s'arrête à boire un coup?." Il me prend d'abord pour un fou. L'ourlet de mon pantalon était bourré de billets de 100 francs. J'en tire un et lui propose un pot. "Ja, aber Achtung !" Dans le café, mon boche gardait la porte. Au comptoir, je chuchote à la patronne "Prévenez M. Kerautret que son neveu est dans le train" et en même temps je demande à la patronne une issue de secours. mais le copain qui m'accompagnait était en slip, et n'a pas voulu me suivre. la fuite était impossible: l'Allemand ayant entendu le nom de mon oncle. C'est lui qui aurait été fusillé à ma place!"


Angèle Deplantay
1(1
er convoi)

"Le 4 au matin, le train stationnait en gare de Redon. Là, on introduisit encore dans un wagon le fils Arbillot arrêté les jours précédents, et que ses parents ne devaient jamais revoir. Je voyais de la gare, ma maison sur la colline dans laquelle j'avais laissé, lorsque je fus arrêtée, un officier allemand "interprète" (comme par hasard) qu'on m'avait imposé quelques jours après l'arrestation de mon mari, précisément le 5 avril, puisque mon mari avait été arrêté le 31 mars 1944, deux mois avant moi.
Nous avons stationné longtemps ce qui attirait beaucoup de Redonnais qui nous reconnaissaient. Entassées(une quarantaine de femmes dans un wagon à bestiaux), nous en occupions les deux extrémités. La largeur des portes, c'est à dire le 1/3 du wagon, étant occupé par les trois Allemands qui nous gardaient. Nous n'avons jamais pu nous allonger pendant 14 jours…"

Mlle Jan de Redon 3

"Le soir  (le 4 août) Redon était libéré. A Redon, bien peu de résistants assisteront à la Libération. A cause de la trahison qui avait presque anéanti le groupe, les résistants de la première heure étaient en Allemagne, ou à la prison de Rennes ou dans la clandestinité. Les jeunes réfractaires avaient rejoint le maquis de Saint-Marcel où ils avaient livré le dur combat que l'on sait.. Ce furent les autorités en place qui accueillir les Alliés. Bien sûr, elles le firent avec d'autant plus de zèle qu'il était temps pour elles d'étaler leur patriotisme. les vrais résistants, du moins ceux qui avaient la chance d'échapper aux Allemands, ne rentrèrent que quelques jours plus tard."

Joseph Abaléa:(2ème convoi)
" Nous chantons la Marseillaise, malgré différentes menaces"

Pierre Héger:(2ème convoi)
"... La Croix-Rouge voulut nous venir en aide pour nous ravitailler, mais on l'en empêcha"."Ils ont changé les wagons. Ils avaient vu qu'ils étaient vermoulus et ils nous ont mis dans les wagons à bestiaux qui étaient très solides et ils ont installé quatre sentinelles par wagons. L'évasion devenait problématique. On est parti vers Nantes vers midi." 2

 

 

La libération de Redon

Le 3 août, les Allemands se replient vers Saint-Nazaire. Les tanks défilent toute la journée. Avant leur départ, ils envisagent de faire sauter un train de munitions qui stationne en pleine ville. Le maire de la ville arrive à convaincre les autorités allemandes de faire sauter le train hors de la ville , dans les marais. Une forte déflagration résonna dans la ville...

Le 2 août, la Croix Rouge donne da la nourriture aux prisonniers du premier convoi. Le dernier convoi de déportés quitta Rennes le 3 août 1944- Redon est libéré le soir du 4 août 44

 

1

Les informations Le pays  de Redon du 29 février 1984

2

Association pour le Développement des Activités du Musée de Rennes-La Libération de Rennes -"De la drôle de guerre à la libération de Rennes" Élèves du Collège de Chartres de Bretagne -(Page 84)

3

René Chesnais-La guerre et la Résistance dans le sud de l'Ille-et-Vilaine (Page 164)

4

Thomas et Legrand - -"39-45 Finistère" - Le Finistère dans la guerre" -Éditions de la Cité ( P 307)

 

        

                       f2gr15.gif (202 octets)  fgr15.gif (168 octets)  fd15.gif (168 octets)   L'arrêt de Nantes

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Sources:

1 La Résistance en Bretagne ??

 

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