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Le dernier convoi de Rennes  dit "train de Langeais

Le convoi reconstitué à La-Ville-aux-Dames part le 10 août vers 22h00

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur ce convoi de déportés  

18/03/2016

La gare de Saint-Pierre-des Corps n'existe plus.  Un convoi est reconstitué à La-Ville-aux-Dames. Un groupe de prisonniers sortis de la prison de Tours (une centaine) et un autre groupe venant du convoi, arrêtés à St-Patrice (120  environ)  vont rejoindre ceux du convoi de Langeais.

 

Les prisonniers sont mis à l'abri dans  des champignonnières. Quarante huit heures après, les prisonniers sont conduits les uns à pied, quelques-uns en camions ou cars à La-Ville-aux-Dames ( distant de 30 km) où un nouveau train les attend.  Dans le bruit des sirènes et des avions qui bombardent la gare, quelques prisonniers arrivent à s'échapper."

Quand les camions réquisitionnés arrivent pour transporter les prisonnières, (Yvonne Kervarec) et d'autres échappent à cet embarquement. Mais c'est à pied, en colonne, par paquets, qu'elles doivent se rendre là, de Langeais à Saint-Pierre-des-Corps. Le convoi qui se constitue là, à la Ville-aux-Dames, est encore plus important que le précédent.2.

 Dans le groupe venant de Tours, figure une 36 officiers, gradés et gendarmes et de policiers de ce dernier département, arrêtés le 27 juillet 1944 à Loches (64 personnes dont 6 femmes), par la Gestapo et la Feldgendarmerie assistées de la Milice et 38 femmes.

Jeanne Héon Canonne( 8 p 89) (Convoi parti d'Angers et mitraillé à Saint-Patrice)

"13- heures( le 8 août). — Nous accostons enfin le convoi des déportés. Il est en stationnement au passage à niveau de La Ville-aux-Dames. Ce convoi est d'une longueur et d'un bigarré extravagants. Il a une machine énorme, comme celles des grands express et de vieux wagons de troisième classe démodés contenant plus d'un millier de prisonniers de guerre américains qui rient et chantent. Le corps sanitaire allemand fait suite dans une voiture du même genre : il comprend deux médecins, l'un
d'une soixantaine d'années, l'air hautain et la parole dure, l'autre de quarante-cinq ans environ, et qui semble plus affable. Je ne vois pas d'infirmier. Suivent d'innombrables fourgons à bestiaux de tous genres dans lesquels sont empilés environ deux mille déportés politiques. J'ai le cœur serré en les voyant : ils sont pâles, maigres, immobiles, avec des yeux pleins de terreur. Enfin, pour terminer, quelques wagons-plateaux sur lesquels sont postées des sentinelles."

..

3 locomotives sont affectées à la traction. Au convoi des chars ont été montés sur des wagons découverts.

La rafle de Loches: le 27 juillet 1944 à Loches, par la Gestapo et la Feldgendarmerie assistées de la Milice, avec une cinquantaine d’habitants ensuite relâchés. A la suite des multiples actions des maquis de la région, les Allemands décident en effet de frapper leurs principaux complices et soutiens, d’où cette arrestation de membres des forces de l’ordre françaises qui délivrent de fausses cartes d’identité, couvrent des opérations de parachutages ou refusent d’appréhender des réfractaires du travail obligatoire. (A Bourges, un dernier groupe originaire de l’Indre rejoint les autres, dont des membres de l’Armée Secrète faits prisonniers lors d’une attaque allemande contre leur maquis le 12 juin 1944).

     

Paul Heger 1

" Moi aussi, en commun avec quelques camarades, Allaire. Lucien et Le Coq., nous avions préparé notre évasion pour une heure indiquée, soit 17 h. 30, mais fatalité, vers 17 h. 15 on fit l'appel et il fallut nous mettre en route avec notre paquetage, direction gare de Saint-Pierre-des-Corps. Malgré cela nous chantions tous sur une grande partie du parcours. Avant que la nuit noire ne nous enveloppe, les habitants, s'empressèrent de nous envoyer des provisions diverses malgré l'interdiction des boches.

Sur le parcours, nous avons imposé à plusieurs reprises une courte halte malgré les quatre sous-officiers qui voulaient s'y opposer; nous avons enfin traversé la ville de Tours par le seul pont qui subsistait encore; à quelques kilomètres de Tours, je me suis refusé à marcher au nom de tous, car nous étions bien fatigués. Je me suis mis en rapport avec le chef du convoi et ma demande de repos fut agréée; là nous avons fait une bonne pause de quatre heures, soit de 3 à 7 heures du matin. Remis en route, cette fois nous avons marché jusqu'au bout de la gare de triage de Saint-Pierre-des-Corps, et nous avons vu qu'un nouveau était formé.

Déçu de n'avoir pu m'évader à Langeais, je me suis mis en quête de trouver un wagon approprié dans ce nouveau convoi qui permit de tenter l'évasion. Je ne fus pas longtemps à remarquer un wagon italien comportant en bout des portes d'intercommunications autrement dit à soufflets; aussi dès que nous avons pu déposer nos bagages, je me suis empressé, mais certains de mes camarades me critiquaient parce que je prenais ce wagon qui était bien plus court que n'importe quel autre du convoi: leur répondant  aussitôt, je les priai de se rendre compte et d'examiner l'extérieur de ce wagon. Après un rapide examen, tous comprirent que c'était vraiment une occasion pour tenter l'évasion en cours de route. Peu avant notre départ, nous avons appris que nous devions aller sur Vierzon; dans la soirée nous sommes montés en wagon attendant le départ.

A peine étions-nous arrivés que le boche me demandait de mettre un drapeau blanc, tous les autres wagons ayant arboré le leur. Tout d'abord je me refusai, car pour effectuer le travail qu'il y avait à faire, il fallait prendre des précautions et jouer au plus malin avec l'ennemi : la porte était à deux battants et les parties étaient réunies entres elles par des fils de fer, avec en plus un verrou tout rouillé maintenant la plaque servant de plate-forme entre les wagons. Il fallait donc trouver un moyen pour divertir les boches pendant que l'on dégagerait les fils de fer  et le verrou: On demanda un bâton au boche ensuite de la ficelle à plusieurs reprises, faisant en sorte de casser la ficelle pour nous donner le temps de tout dégager. Une fois la porte libérée de toute entrave, nous nous sommes exécutés et nous avons mis le drapeau blanc en place.

Après cela, nous sommes montés dans notre wagon et nous n'avions plus qu'à attendre le moment propice  dans la nuit pour mettre notre projet à exécution. "

Maurice Tromeur s'évade:

"On nous fait cheminer à pied jusqu’à St-Pierre-des-Corps où un autre train nous était destiné. A peine avions nous intégré notre nouveau domicile que la gare est prise sous un bombardement violent. Aussitôt, nos gardiens nous bouclent dans les wagons et vont se mettre dans les abris situés du même côté de la voie. Dès l’arrivée dans les lieux, j’avais jeté un coup d’œil sur les fermetures et j’avais constaté qu’une lucarne n’était fermée que par un bout de fil de fer barbelé. Dès le commencement du bombardement, j’ai enlevé le barbelé et me suis "jeté " par la lucarne. Je me trouvais dans un fouillis de wagons en rames plus ou moins longue. Je me suis éloigné de mon point de départ en me faufilant sous les wagons et en débouchant enfin sur une belle prairie. Me sentant à découvert, j’ai pris mes jambes à mon cou et, malgré mon handicap et mes fatigues, j’ai traversé la prairie très rapidement. M’éloignant le plus possible de la gare par crainte des recherches allemandes, je suis arrivé sur le Cher dont les ponts étaient gardés. J’ai traversé cette rivière on me soutenant à une planche. J’ai passé la fin de la journée dans un petit bois et au petit matin j’ai traversé Tours pour arriver à Mettray où les gendarmes m’ont procuré des vêtements convenables et m’ont amené à une ferme moulin où j’ai pu manger à ma faim tout en travaillant pour la rentrée du blé."(Document)

La doctoresse du convoi de St-Patrice s'évade, pour revenir se cacher dans l'école de Jan Lenoble à St-Patrice. 6

Évasion de Marie Renée QUÉRÉEL veuve BLANCHET

" Après Langeais, les hommes et les femmes ont été séparés pour rejoindre la gare de Saint-Pierre-des Corps, près de Tours. Les premiers à pied, les secondes en camion. J'étais dans la cabine du premier camion avec un soldat allemand. En échangeant quelques paroles, le chauffeur français et moi avons vite compris que nous étions du même bord, la Résistance. Un peu plus tard, le chauffeur a feint une crise de peur. Du coup son geste a bloqué le convoi. Le chauffeur m'a dit: À toi de jouer." Les femmes ont été descendues des camions dans une rue à Saint-Pierre-des-Corps. J'ai fui le groupe avec une camarade. Bien qu'en loques et amaigries, nous avons couru, couru. Nous entendions les Allemands crier. Nous avons sollicité un presbytère  pour être cachées. En vain. Coup de chance, nous avons fini par être recueillies par des résistants. Ils nous ont aidées à franchir la Loire où nous avons trouvé définitivement refuge auprès de vignerons résistants."  Sources  ACP 27 P6 Caen. Ouest-France du 18mars 2016

Ginette Lion:

"les responsables de la Croix Rouge exigent l'ouverture des wagons, afin de nous donner de quoi nous désaltérer. Deux prisonnières en profitent pour sauter dans la foule et s'évader, cachées et protégées par les nombreuses personnes qui se trouvaient sur le quai, éberluées par le spectacle de ces femmes dont l'état pour certaines est déjà désespéré. Immédiatement la punition tombe, et l'on referme les wagons définitivement jusqu'à Belfort"

Sources
1 Paul Heger-Arrestation de patriotes - Les Presses Bretonnes 1947- Saint-Brieuc P12 et 13

2

Thomas et Legrand - -"39-45 Finistère" - Le Finistère dans la guerre" -Editions de la Cité
6 Eddy Florentin et Claude Archambault "Exécutez l'Air Commodore". - Flammarion. page 326
  Michelle Audouin-Le Marrec-"Hommes et combats en Touraine 1939-1945"
  Témoignage de Ginette Lion

   

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